Partager l'article ! LE DIEU MODERNE "TRAVAIL" : UNE PLAIE POUR LES ROMAINS !: Sous prétexte de la réalité du chômage, jamai ...
Sous prétexte de la réalité du chômage, jamais on n'a autant qu'aujourd'hui glorifié la valeur travail ! Pourtant, dans un essai intitulé "L'affaiblissement des mots" (in "L'arc et la massue"), Julius Evola montre combien nos langues modernes sont pauvres par rapport à une langue "morte" comme le latin...C'est particulièrement frappant pour les mots labor, le travail, et otium, le loisir, comme le prouvent ces extraits :
"LABOR (labeur): en latin, ce terme avait un sens essentiellement négatif... exprimait une idée de fatigue, d'épuisement, d'effort désagréable... laborare pouvait aussi signifier souffrir, être angoissé, tourmenté... Jamais le Romain n'aurait pensé à faire du labor une espèce de vertu ou d'idéal social. Et qu'on ne vienne pas nous dire que la civilisation romaine a été une civilisation de lambins, de fainéants et d'"oisifs". Au travailler s'opposait l'agere, l'agir au sens supérieur. Le "travail" correspondait aux formes sombres, serviles, matérielles, anodines de l'activité humaine, en référence à ceux chez qui l'activité n'était provoquée que par un besoin, une nécessité ou un destin malheureux (car l'antiquité connut aussi une métaphysique de l'esclavage). A eux s'opposaient ceux qui agissent au sens propre du terme, ceux qui entretiennent des formes d'activité libres, non physiques, concientes, voulues, dans une certaine mesure désintéressées (...)
OTIUM : Est "oisif", selon l'acception moderne, celui qui inutile à lui-même et aux autres... Le latin otium avait par contre le sens de temps libre, correspondant essentiellement à un état de recueillement, de calme, de contemplation transparente... Cicéron, Sénèque et d'autres auteurs classiques comprirent l'otium comme la contrepartie, saine et normale, de tout ce qui est activité, et même comme la condition nécessaire, afin que l'action soit vraiment activité, non agitation, affairement (negotium), "travail"(...) L'otium est étroitement lié à la tranquillité d'âme du sage, à ce calme intérieur qui permet d'atteindre les sommets de la contemplation ; laquelle contemplation... n'est ni évasion du monde ni divagation, mais approfondissement intérieur et élévation jusqu'à la perception de l'ordre métaphysique que tout homme véritable ne doit cesser de voir dans sa vie même et dans son combat au sein d'un état terrestre... Mais, dans une société où l'action a fini par revêtir les aspects ternes, physiques, mécaniques et mercenaires d'un travail, le sens positif et traditionnel de la contemplation devait inéluctablement disparaître. C'est pourquoi la civilisation moderne ne doit pas être considérée comme une civilisation "active", mais comme une civilisation d'agités et de névropathes... L'homme moderne, en effet, ne connait pas l'otium classique, le recueillement, le silence, l'état de calme et de pause qui permettent qui permettent de revenir à soi-même et de se retrouver. Non : il ne connait que la "distraction"(..."dispersion") ; il cherche des sensations, de nouvelles tensions, de nouveaux excitants, comme autant de stupéfiants psychiques. Tout, pourvu qu'il échappe à lui-même... qu'il ne se retrouve pas seul avec lui-même, isolé du vacarme du monde extérieur et de la promiscuité avec son "prochain". D'où radio, télévision, cinéma, croisières organisées... meetings sportifs ou politiques(...) ajoutons aujourd'hui portables et PC !
Alors le travail ? Une bénédiction ? Une malédiction ? En tout cas une aliénation si l'on considère qu'il ne sert pas seulement à gagner son pain quotidien, mais à se payer ces gadgets inutiles que sont : automobiles, TV-home cinémas, téléphones portables, brosses à dents électriques... Si vous souhaitez creuser la question, voici quelques livres et sites :
Pamphlet anti-entreprise : Bonjour Paresse
Guide Hachette Pratique : Gagnez moins, vivez mieux (Pascale de Lomas)
http://chomeursheureux.free.fr/ http://antitravail.fr.fm/