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  le blog ogpresse

VOTRE CADEAU DE NOËL !

20 Décembre 2008 Publié dans #trousse de secours


UN BEAU CONTE DE DERRIERE LES FAGOTS !
 

 

Voici une histoire racontée par Curzio Malaparte dans « Kapput », son grand roman de guerre. Une histoire de guerre si jolie qu’elle se transforme en conte de Noël ! On y voit les aviateurs ennemis se changer en Pères Noël et leurs bombes en jouets et œufs de Pâques! En cette fin décembre 2008 « gris de crise », je vous l’offre pour vous remercier de vos visites sur mon blog :

 

« - Au début de la guerre (1939-1945), je me trouvais à Naples à l’époque des premiers bombardements aériens. Un soir, j’allai dîner chez un de mes amis qui habite le Vomero (…) En attendant que le dîner fût prêt, nous nous assîmes dans le potager, fumant et devisant paisiblement sous une treille de vigne… Quand le soir commença à monter de la mer (…) mon ami déclara : « cette nuit sera sereine. Ils vont certainement venir. Il faut que je dispose dans le jardin les dons des aviateurs anglais. » Je ne comprenais pas et fut très étonné de voir mon ami entrer dans la maison et en sortir avec une poupée, un petit cheval de bois, une trompette et deux sachets de bonbons. Sans rien me dire et s’amusant sans doute intérieurement de ma surprise, il les disposait par ci, par là, avec le plus grand soin, parmi les buissons de roses et les pieds de laitue, sur le gravier de la petite allée, sur le bord d’un bassin

où luisaient des poissons rouges.

-         Qu’est-ce que tu es en train de faire ? lui demandai-je.

Il me regarda d’un air grave quoique souriant. Et il me raconta que ses deux enfants (lesquels étaient déjà couchés), lors des premiers bombardements, avaient été pris d’une grande épouvante, que la santé du plus petit en avait gravement souffert, qu’il avait donc imaginé de transformer les terribles bombardements de Naples en fête enfantine ! Ainsi, dès que la sirène se mettait à hurler dans la nuit, mon ami et sa femme sautaient à bas de leur lit, prenaient les deux petits enfants dans leurs bras, et poussaient des cris de joie « Quelle chance ! quelle chance ! Les avions anglais viennent vous jeter des cadeaux ! » Ils descendaient à la cave – misérable et vain abri – et, pelotonnés la-dedans, passaient ces heures d’angoisse et de mort à rire et à s’écrier « Quelle chance ! » jusqu’à ce que les enfants s’endormissent tout heureux, en rêvant aux cadeaux des aviateurs anglais (…)

Vers l’aube, quand le grondement des moteurs s’éloignait, s’éteignait peu à peu dans le ciel déjà clair, le père et la mère prenaient les deux enfants par la main et les menaient au jardin. « Cherche, cherche, leur disaient-ils, ça doit être tombé dans l’herbe. » Les deux petits fourrageaient dans les buissons de roses, sous les pieds de laitue, parmi les plants de tomate et trouvaient ici une poupée, là un petit cheval de bois, et, plus loin, un sac de bonbons. Dorénavant, les enfants n’avaient plus peur des bombardements ; ils les attendaient avec impatience, les accueillaient avec joie ; certains matins, en fouillant dans l’herbe, ils trouvaient même un petit aéroplane à ressort, et, certainement, c’était un pauvre avion anglais que ces méchants Allemands avaient abattu avec leurs canons pendant qu’il bombardait Naples pour faire plaisir aux enfants napolitains. »

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Durgalola 24/12/2008 15:18

une belle histoire d'amour ...